Le principe du clap a été rendu indispensable avec le cinéma sonore. Celui-ci permettait de synchroniser le son avec l’image lorsque les deux médias étaient enregistrés séparément (l’un sur pellicule, l’autre sur bande magnétique).
Avec l’arrivé de la vidéo et de l’enregistrement synchrone du son et de l’image, le clap se justifie un peu moins. En tout cas, son usage lié à la synchronisation du son et de l’image est devenue presque obsolète (les logiciels de montage permettent pour la plupart la synchronisation en ce passant du fameux bruit sec).
Comme le précise Wikipédia, le clap s’effectue en début de scène. Beaucoup plus rarement à la fin (le terme « clap de fin » ici doit être pris dans sa définition strictement technique, c’est-à-dire qu’il intervient à la fin de la scène et non dans le sens où c’est la fin de quelque chose). Le clap de fin répond à des impératifs où le clap ne peut être effectué au début (en particulier en présence d’animaux qui peuvent être déconcentrés).

Les claps professionnels affichent le « timecode » (clap à afficheur numérique). C’est l’ingénieur son qui génère celui-ci. Il n’est pas utilisé pour des tournages amateurs.
Au début, le clap était fait d’une ardoise sur laquelle les informations étaient écrites à la craie. On trouve aujourd’hui des claps de couleur blanche où le texte est écrit avec des marqueurs effaçables. L’intérêt d’un clap ayant un fond parfaitement blanc est de pouvoir faciliter le réglage de la balance des blancs sur la caméra — y compris en postproduction. Sur un clap noir, rien n’interdit d’avoir une feuille blanche collée à l’arrière afin de permettre au cadreur de faire lui-même la balance des blancs.
Le clap blanc présente un léger défaut: les plastiques utilisés sont généralement brillants ce qui peut engendrer des problèmes de reflet lors de la prise de vue lorsque l’environnement est lumineux. En particulier en pleine journée ou lors d’éclairages spéciaux. Ce défaut n’est cependant pas rédhibitoire.
Il est important de noter sur le clap certaines informations. Très souvent on retrouvera le nom du film, le nom du producteur et du réalisateur. L’idée était que les équipes étaient importantes et que ces informations permettaient d’orienter la pellicule vers les bonnes personnes. Cela présentait un intérêt parce, dans les studios, la pellicule passait entre plusieurs mains. Lors d’un tournage classique, le nom du film est généralement suffisant.
Très souvent, la date est présente. Cela peut aider dans le cas où l’on tourne des scènes identiques à différentes dates. Le cadreur peut aussi demander à ce qu’apparaisse l’identifiant de la carte mémoire ayant servi à l’enregistrement du plan (idem avec l’ingénieur du son) mais c’est assez rare.
En revanche, il est important de noter les informations nécessaires au montage:
- Le n° de scène (scene) — chaque scène du film étant numérotée, il s’agit de la scène que l’on filme (par ex: la scène 12).
- Le n° du plan (shot) — pour la même scène, on peut avoir plusieurs plans, il arrive fréquemment qu’ils soient désignés par une lettre (par ex: « B » pour le deuxième plan).
- Le nombre de prises (take). Pour chaque plan, il sera parfois nécessaire de refaire le tournage. Il s’agit généralement d’une énumération (par ex: « troisième »)
Ce sont les informations indispensables qui seront énoncées vocalement sur l’enregistrement sonore. Par exemple: « Scène 12 B, troisième ». On peut avoir également un énoncé de type « Scène 12, plan 2, prise 3 » car aucune règle stricte n’existe.
Le n° de scène est assez clair, elle est liée au découpage du scénario. Quand le scénario est devenu un script, la scène porte un numéro. Les scènes sont numérotées séquentielement dans leur ordre d’apparition dans le script (et non dans l’ordre de tournage qui peut être différent).
Une scène peut être découpée en plusieurs plans. C’est le cas d’un champ/contre-champ par exemple. Un plan d’ensemble peut aussi être pris pour l’introduction de la scène… Il est donc naturel d’ajouter d’avoir plusieurs plans pour une même scène. Comme très souvent, au cinéma, on tourne avec une seule caméra, on numérote les plans avec des lettres pour simplifier.
Une fois les données énoncées, le clapman fait claquer, le plus violemment possible, les deux parties du clap afin d’avoir une synchronisation nette et sort le plus rapidement possible du champ.
Le clap de début suit un rituel immuable dont tout le monde doit être informé:
- Le réalisateur réclame (si nécessaire) le silence sur le plateau en criant « Silence plateau » et attend son obtention qui se doit d’être quasi-immédiate.
- Le réalisateur demande le moteur en criant « Moteur ».
- L’ingénieur son confirme qu’il enregistre en répondant « Ça tourne ».
- À ce moment-là, le cadreur ayant mis sa caméra en route crie « Annonce » (ou « Clap »).
- Le clapman annonce alors la scène, le plan et le numéro de prise et se retire du champ le plus rapidement possible.
- Le réalisateur crie « Action! »
Une fois la scène tournée, c’est au réalisateur de crier « Coupé! » afin de clore le tournage. Tant que le réalisateur n’a pas fait l’annonce de fin, le tournage continue.
En cas de clap de fin, du fait de la raison que celui-ci intervient à la fin, l’équipe se met d’accord sur ce qui déclenche le tournage. À la fin de la scène, le réalisateur dira « C’est bon » afin que le clapman vienne faire son office.
